Moi, j’adore cette sensation quand je prends l’un de mes chats dans les bras. Vous aussi ? Pourquoi on fait ça ? Pas pour l’embêter, non. Juste parce qu’il est là, tout près, et que vous avez envie de le sentir contre vous.
Mais dans certains cas, il reste une seconde seulement. Vous sentez aussitôt son corps se tendre. Ses pattes cherchent le sol. Il pousse doucement de la tête. Et il finit par descendre, à force de pousser sur votre bras ou de laisser peser tout le poids de son corps.
Dans ce cas, vous pouvez avoir ce petit doute. Est-ce que mon chat n’aime pas les câlins ? Est-ce qu’il me rejette ? En réalité, le problème n’est peut-être pas votre affection. C’est la façon dont vous l’exprimez à votre chat.
Je vais vous le montrer tout de suite et cela va vous parler forcément. Vous allez voir trois gestes très courants que vous pratiquez sûrement avec la meilleure intention, mais que votre chat peut vivre autrement. Et vous allez surtout comprendre ce que votre chat attend presque toujours dans ces situations.
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Vous allez imaginer la scène du point de vue de votre chat. Ça commence bien puisque vous êtes sur le canapé. Calme, les yeux mi-clos, les pattes repliées. Et soudain, deux bras d’humain arrivent sans s’annoncer. Votre corps décolle, sous la traction des bras. Le sol disparaît. Vous avez imaginé ce que ressent votre chat ? Revenons à vous maintenant.
Comment avez-vous vécu la scène ? Pour vous, c’est une étreinte. Pour votre chat, c’est autre chose. En quelques secondes, il perd trois repères à la fois : son appui, sa trajectoire, et surtout la possibilité de partir. Et c’est souvent ce qui compte le plus pour votre chat.
Un chat peut aimer le contact. Beaucoup de chats adorent se coller à nous, dormir contre nous, venir s’asseoir sur nos genoux de leur propre initiative. Mais aimer le contact ne veut pas dire aimer être retenu. C’est là que le malentendu peut commencer. D’un chat à l’autre, l’appréciation peut être très différente.
Vos bras disent peut-être « je t’aime ». Mais votre chat peut ressentir quelque chose de différent. Il se dit : « Je ne peux plus descendre. Je me sens prisonnier. » Et dans son corps, cette différence peut compter plus que votre intention. Encore une fois, tous les chats ne réagissent pas pareil et vous le comprenez. Certains apprécient vraiment les bras, surtout s’ils y ont été habitués jeunes. Mais même pour eux, la vraie question n’est pas « est-ce qu’il aime être porté ? ». C’est : est-ce qu’il peut partir quand il en a envie ?
Essayez quelque chose de simple dès que les conditions vous paraissent bonnes. Vous le prenez dans les bras en douceur. Et vous relâchez légèrement la pression en laissant une sortie.
S’il reste, il choisit d’être là. Et ça, c’est complètement différent. S’il descend, ce n’est pas un rejet. C’est une information que vous mémorisez à son sujet.
Il vous dit : pas comme ça et pas maintenant. Et peut-être que dans cinq minutes, il reviendra s’asseoir contre vous de lui-même. Ce moment-là aura beaucoup plus de valeur. Parce qu’un contact choisi ne raconte pas la même chose qu’un contact retenu. Un chat qui ne consent pas à être pris dans les bras ressent au minimum un malaise. Certains chats anxieux peuvent même paniquer et vous griffer sans le vouloir en voulant s’enfuir.
Ce malentendu ne concerne pas seulement les bras. Il revient dans un geste encore plus courant, un geste que vous faites peut-être tous les jours. Avant de le deviner ensemble, j’espère que vous avez vu le tout Nouveau Guide de laVieDesChats. Ce cadeau de bienvenue fait toujours plus de 200 pages. Ce livre gratuit, j’y reviens tout à l’heure.
Alors quel est cet autre geste que nous faisons tous avec notre chat ? Et celui-ci est plus piégeux, parce qu’au début, vous pouvez croire que votre chat aime ce geste.
Au début, tout semble parfait. Votre chat est là. Vous posez la main sur lui. Il ronronne. Vous continuez. Il ronronne encore. Vous continuez encore parce que c’est doux, c’est chaud et ça vibre. Et puis, sans prévenir, paf, il se retourne et mord légèrement votre main. Ou il part. Ou il lance un petit coup de patte.
Et vous ne comprenez pas tout de suite son comportement. Votre chat ronronnait, donc sa réaction agressive vous a surpris. Retenez que son ronronnement est un indice. Pas un contrat. Un chat peut ronronner par plaisir, mais aussi pour s’apaiser, ou dans certaines situations de stress. Le ronron vous dit que quelque chose se passe à cet instant. Il ne vous dit pas : “continue indéfiniment dans les mêmes conditions.” Vous saisissez ?
Ce qui se passe pendant une longue caresse, c’est une montée progressive de stimulation. Au début agréable. Puis intense. Puis trop. Et ce passage est très discret. Je vous en ai souvent parlé sur laVieDesChats depuis 2012. Au fait, est-ce que vous êtes abonné à la chaîne de laVieDesChats ? C’est le moment si vous voulez ne rien manquer des prochains sujets dans les semaines à venir.
Sa queue commence à battre légèrement. Sa peau frémit. Sa tête se détourne. Son corps se fige. Il regarde ailleurs, les yeux un peu plus fixes. Votre chat n’a peut-être pas mordu sans prévenir. Il a peut-être prévenu très doucement, mais trop discrètement pour que vous le remarquiez.
Vous étiez encore dans le moment tendre, et vous n’avez pas vu le signal. Ce n’est pas que votre chat est lunatique. C’est simplement que sa tolérance et la vôtre ne sont pas toujours les mêmes.
Moi, j’aime caresser mes chats, mais eux apprécient, jusqu’à un certain point. Jusqu’à l’an dernier, mes vieux chats Wifi et Garfield vivaient encore avec nous, et je me souviens d’une différence entre ces deux frères. Wifi appréciait les caresses mais demeurait trop sensible sur le bas du dos et son arrière-train depuis qu’il était revenu d’un accident de voiture en rampant jusqu’à la maison.
Et Garfield appréciait les caresses très longtemps sans jamais rien dire. En revanche, Sacha, qui vit toujours avec nous, peut avoir une overdose de caresses et de stimuli. Quand plusieurs personnes l’ont caressé successivement, il ressent une surdose d’excitation qu’il a du mal à gérer. Il nous dira de stopper en mordillant légèrement.
Pour tous les chats sensibles, je vous donne la solution. Ce n’est pas d’arrêter de caresser votre chat. C’est de mettre des virgules dans la caresse. Une caresse courte. Une pause. La main immobile. L’observation. S’il pousse sa tête contre votre main ou revient s’approcher : il relance. Vous continuez. S’il regarde ailleurs, que son corps se fixe ou que sa queue s’agite : vous arrêtez. Vous avez retenu le principe ?
Votre chat apprend alors que votre main écoute. Qu’elle ne dépasse pas sa limite. Et une main qui s’arrête au bon moment devient, avec le temps, une main fiable. Souvent, c’est à partir de là que certains chats reviennent plus facilement. Pas parce que vous les caressez plus mais parce que vous les caressez mieux.
Il existe un troisième geste. Le plus discret des trois, parce qu’il part d’un élan tellement tendre qu’on a du mal à imaginer qu’il puisse déranger. Je vous mets à nouveau en situation.
Votre chat est roulé en boule, encore chaud de son sommeil. Il respire doucement. Il semble tellement paisible qu’une petite caresse ne peut pas le déranger. C’est plus fort que vous. Juste une.
Et c’est précisément pour ça que ce geste est si piégeux. Votre main descend vers lui. Il ouvre un œil à moitié. Il se recroqueville. Il vous tourne le dos.
Pour vous, c’était une minute d’affection. Pour lui, c’était peut-être une intrusion douce. Votre chat dormait. Il ne vous avait rien demandé. Et votre main est entrée dans son moment. Avec les meilleures intentions, bien sûr. Mais sans invitation. Imaginez qu’on vous touche l’épaule à deux heures du matin, en plein milieu de votre nuit.
Le sommeil de votre chat alterne entre des phases légères, où il reste très réactif à son environnement, et des phases plus profondes, importantes pour sa récupération. Oui, c’est un peu comme nous, il vit ses nuits par une série de cycles.
Comme pour nous les humains, une interruption du sommeil de votre chat peut provoquer une légère désorientation, ou simplement une montée de vigilance. Et si cela se répète souvent, certains chats peuvent devenir plus défensifs, ou choisir des endroits de repos plus éloignés de vous. Non pas parce qu’ils vous aiment moins, mais parce qu’ils cherchent les moments où leur repos est respecté.
Respecter son sommeil ne veut pas dire devenir froid ou distant. Ça veut dire : ne commencez pas par la main. Commencez par votre présence seulement. Approchez-vous doucement. Parlez-lui à voix basse. Laissez quelques secondes se passer, tout en lui parlant d’une voix douce.
S’il s’étire, bâille, tourne la tête vers vous : il vous a perçu, il vous a choisi. Vous pouvez proposer le contact. Une affection qui respecte le réveil en douceur de votre chat gagne beaucoup plus qu’elle ne perd.
Ces trois gestes ont quelque chose en commun. Ce n’est pas l’intention. Elle est toujours bonne. C’est l’espace laissé au chat pour répondre. Dans chacun de ces moments, vous arrivez avec de l’affection. Et lui cherche à garder une possibilité : dire oui, dire non ou dire « pas maintenant ».
Votre chat ne demande pas moins d’attention de votre part. Il demande que votre affection ne ferme pas la porte. C’est une nuance immense. Parce qu’un amour qui laisse une sortie n’est pas moins fort. Il est plus sûr.
Et le paradoxe, c’est que plus vous lui laissez cette possibilité, plus votre présence devient rassurante. Parce qu’il ne vous associe plus seulement au contact. Il vous associe à la sécurité. Vous n’avez pas besoin d’analyser chaque geste à la loupe. Vous avez juste besoin de ce réflexe de le laisser décider.
Proposer. Ralentir. Observer et laisser le choix.
J’espère que vous avez apprécié cette façon de voir votre relation avec votre chat en le laissant maître de la situation. Et pour maintenir cette belle relation, vous allez aimer accéder à votre espace personnalisé de laVieDesChats pour lire le Nouveau Guide. Je vous offre ce livret pdf de plus de 200 pages. C’est tout de suite sur ce lien, mes amis des chats.
Dans lequel de ces trois gestes vous reconnaissez-vous le plus ? Les bras, les longues caresses, ou le petit réveil affectueux ? Et comment votre chat vous répond dans ces moments-là ? Dites-le en commentaire mes amis des chats.



